mercredi 4 janvier 2017

Paterson de Jim Jarmusch

Paterson de Jim Jarmusch
Avec Adam Driver, Golshifteh Farahani
États-Unis,  Date de sortie 07/12/2016

Synopsis

Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…


Mon avis

Et si la vie était un poème ? Et si le bonheur était d’apprécier les répétitions du quotidien pour mieux en savourer les multiples variations, aussi infimes soient-elles ? Accepter l’autre tel qu’il est et non tel que nous voudrions qu’il soit.  Et si nous profitions de la routine pour mieux laisser notre esprit vagabonder ? Ou au contraire être attentif à ce qui nous entoure.  Sept journées dans la vie d’un couple, comme sept notes de musique pour écrire une chanson douce, loin du tumulte et du chaos du monde. Un homme et une femme qui s’aiment d’un amour tendre, une ville multiculturelle où chacun y trouve sa place naturellement. Tout cela est-il trop beau pour être vrai ? Oui, sans doute, mais c’est aussi cela la magie du cinéma. 

Le dernier film de Jim Jarmusch est un film sensible et fragile, comme sur le fil. Libre à chacun de prendre part à ce périlleux exercice d’équilibriste, ou au contraire de se laisser partir à la dérive. J’ai quant à moi fort apprécié la ballade, jusqu’aux multiples variations en blanc et noir de Laura, qui m’ont fait penser aux touches blanches et noires du piano, mais aussi à la propre dégaine du réalisateur, cheveux blancs tranchants sur sa sempiternelle chemise noire. Clin d’œil amusant ou mise en abîme inconsciente ? Seul Jim Jarmusch pourra répondre à cette question...

Un dernier mot sur l'acteur Adam Driver ? Il est fabuleux, mais ça, je le savais déjà. Et j'aimerais voir plus souvent l'actrice Golshifteh Farahani.



18 commentaires:

  1. Une jolie ballade à Paterson, à hauteur des gens. J'ai apprécié, mais ne suis pas sûr d'en garder un souvenir fort.

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    1. Je pensais aussi qu'il allait facilement s'évaporer au fil de temps qui passe, mais non, il a gardé une forte empreinte dans ma mémoire. Et plus le temps passait après ma vision, plus je l'appréciais. Je suis la première surprise d'ailleurs.

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  2. Mouais... Je me suis copieusement ennuyée moi.
    Ok accepter les autres tels qu'ils sont est un beau projet mais la banalité du quotidien de ces deux là n'est vraiment pas ce que je veux voir au cinéma.
    Rendez moi Eve et Adam.

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    1. Je comprends tout à fait qu'on puisse trouver la proposition du réalisateur ennuyeuse. Je suis allée voir ce film seule d'ailleurs, sachant que mon mari ne s'y retrouverait pas non plus. Mais j'ai aimé qu'il prenne le contre-pied de la plupart des films actuels : pas d'intrigue, pas d'action, pas de manipulation, pas de rencontre amoureuse, pas de cul, pas de séparation etc. Ce film, c'est vraiment un poème à lui tout seul, maintenant tout le monde ne peut pas y être sensible, c'est évident aussi. Jim Jarmusch nous présente un couple improbable (dans la vraie vie, je n'y crois pas une seconde, un toujours dehors, l'autre toujours à l'intérieur) mais c'est beau aussi de vouloir nous y faire croire le temps d'un film. Puis la tendresse aussi ! Pas souvent mise en avant au cinéma, alors qu'elle est très importante dans la vie. J'ai aimé retrouver ça aussi.

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    2. Tu as tout dit... on y croit pas à leur histoire et j'ai vraiment eu l'impression qu'il la regardait comme une demeurée.

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    3. Je n'ai pas vu ce film comme un film réaliste, même s'il parle du quotidien. Je n'ai pas ressenti le besoin de croire à ce couple, car c'est un couple idéalisé, un couple conceptuel si tu veux, qui correspond sans doute à un certain idéal pour le réalisateur, et qui ne correspond pas forcément au mien d'ailleurs. Tout est un peu de l'ordre de la fable. Mais ce qui compte beaucoup pour Jim Jarmush dans le couple, c'est incontestablement la tendresse et la totale liberté de soi et de l'autre. Bon, dans la vie, c'est moins simple, c'est sûr.

      Je dirai plutôt qu'elle arrive toujours à le surprendre, d'où son air ahuri parfois. Il faut dire que c'est un personnage très lunaire, il est souvent là sans y être vraiment, souvent plongé dans ses pensées alors qu'elle lui parle plusieurs fois de son projet de vente au marché. Chaque fois, il tombe presque des nues ! C'est un rêveur mais j'aime bien ça es rêveurs, enfin au cinéma surtout, car dans la vraie vie, c'est quand même bien plus compliqué ;-)

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  3. Tout pareil que Pascale, la banalité du quotidien et le cinéma de Jarmusch n'entrent pas ou si peu dans mes priorités cinématographiques 2017 si tant qu'elles existent ...
    'Nocturnal Animals' ces jours-ci probablement.

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    1. Ah ça Ronnie, te concernant, je ne me poserais pas longtemps la question : absolument pas pour toi ;)

      Nocturnal Animals sort chez nous la semaine prochaine. J'irai sans doute le voir au cinéma assez rapidement !

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  4. L'ennui est une notion toute relative. Je n'ai pas vu le film, mais j'espère réparer cela bientôt, peut-être même ce week-end. J'aime bien Jarmusch et j'ai un a priori favorable, conforté par ta réaction, Sentinelle.
    Strum

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    1. Si ce que j'en ai dit ne te fait pas peur, alors je crois que tu pourras l'apprécier, peut-être autant que moi d'ailleurs (ou plus), c'est en tout cas tout le mal que je te souhaite ! Bonne vision Strum, je lirai ton avis avec grand intérêt en tout cas :)

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  5. Alors celui là, j'ai adhéré totalement, bien d'accord Senti! Je me suis aussi laissé complètement embarquer par le style, le rythme, etc... Adoré ces personnages décalés, leurs manies qui jalonnent leur quotidien, les rencontres insolites de Paterson jusqu'à cette idée géniale du chien qui l'oblige à sortir de sa routine. Un film drôle, tendre et bourré de charme. Il n'y a que Jarmusch pour donner de la magie aux choses les plus banales <3

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    1. Je trouve qu'il y a pas mal de très bons films ces dernières semaines au cinéma. J'ai noté que tu avais autant aimé que moi Manchester by the sea, Nocturnal Animals, Fais de beaux rêves de Marco Bellochio... ou Moonlight de Barry Jenkins (là, je crois que tu as même plus aimé que moi). Il ne faut pas que tu loupes Les Figures de l'ombre de Theodore Melfi lorsqu'il sortira en France !

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  6. Bien d'accord, je me régale depuis la rentrée 2017, il y a juste Loving qui ne m'a pas convaincue!
    Je note Les figures de l'ombre, merci, à suivre ;-)

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    1. Pas évident Loving, je comprends totalement les intentions du réalisateur mais je me suis tout de même passablement ennuyée... mais j'en reparlerai prochainement !

      Oui, reviens-nous en parler quand tu l'auras vu, je suis curieuse de connaître ton avis (bien que j'ai peu de doute à ce sujet).

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    2. Comment ? Loving est pourtant un très beau film !

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    3. Je reconnais bien volontiers que Loving est un très beau film. Mais il faut bien avouer que je me suis passablement ennuyée pendant ma vison du film, l'un n'empêchant pas l'autre ;-)

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  7. Je crois que je découvre avec ce film, mis facilement en correspondance avec Dead man, que toute la filmographie de Jarmush est parcourue par la poésie du réalisateur rockeur.

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    1. Je suis à 100% d'accord avec toi, Jarmush est un poète à sa façon, et ses films sont plus que des films, je veux dire par là qu'il leur donne un rythme particulier et qu'il sort nettement des sentiers battus de la narration habituelle, des films dans lesquels les détails comptent beaucoup aussi. Un réalisateur qui nous laisse le champ libre pour rêvasser et s'approprier à notre façon ce qu'il propose. Maintenant, chacun est libre de s'y retrouver ou pas.

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