jeudi 26 janvier 2017

Nocturnal Animals de Tom Ford

Nocturnal Animals de Tom Ford
Avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon
États-Unis,  Date de sortie 11/01/2017


Synopsis

Susan, galeriste à Los Angeles, mène une vie bien rangée à la limite de la monotonie, délaissée par son époux Hutton Morrow. Jusqu’au jour où, seule à la maison, elle reçoit un livre : Nocturnal Animals, signé par son ex mari Edward Sheffield, dont elle est sans nouvelles depuis des années. Edwards s’y met en scène dans le rôle de Tony Hastings, un père de famille en proie à l’horreur sur les routes du Texas, face à Ray Marcus, un chef de gang ultraviolent et le lieutenant Bobby Andes. Ce roman, d’une violence rare, va bouleverser Susan et réveiller bien des sentiments, que la jeune femme croyait enfouis à jamais… fissurant dangereusement la surface vernie de l’existence qu’elle s’est choisie.


Mon avis

Je fais partie de ceux qui avaient déjà beaucoup aimé son premier long métrage, A Single Man, sorti en 2010.  Je ne savais rien de Tom Ford à cette époque et ne connaissais pas du tout son passé de styliste (moi et la Haute Couture… ou plutôt la Haute Couture et moi… enfin bref). Embarquement quasi immédiat (quasi, car quand même, les premières images) avec ce deuxième long métrage, aussi beau et glaçant qu’effrayant et violent, en un mot aussi angoissant que captivant. A l’image de Susan, une galeriste d’art à Los Angeles perdue dans un mariage qui ne la rend plus heureuse, nous nous retrouvons en constant déséquilibre par la mise en parallèle de trois niveaux de narration (le présent, le passé et un manuscrit), sans jamais pour autant perdre le fil de l’histoire, mais au contraire le déroulant tout à son aise pour mieux comprendre le destin de cette femme.  

Un film intelligent, cynique et brutal, qui tourne constamment autour de l’importance de faire les bons choix dans la vie, alors que nous vivons dans un monde absurde gouverné par les apparences.  Une fin sobre mais d’une efficacité redoutable dans sa démonstration : je n’oublierai pas de sitôt la dernière scène et je suis d’ailleurs ressortie de la salle assez groggy (genre, tiens, prends ça dans ta face).  La vengeance est décidément un plat qui se mange froid, et l’extrême solitude qui en résulte laisse la place à un sentiment de désolation qui continue de résonner bien après le générique de fin.

Une belle mise en scène, des excellents acteurs, une construction narrative puissante et solide, tout cela mis ensemble donne l'un des films à ne pas manquer en ce moment. 




14 commentaires:

  1. J'avais énormément aimé A single man, à la fois très beau esthétiquement, très sobre dans l'expression des sentiments, et pourtant hyper émouvant. J'ai hâte de voir celui-là !

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    1. Si tu as aimé A single man, il n'y a aucun raison pour que tu n'apprécies pas Nocturnal Animals. Je te souhaite d'avance un très bon film :)

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  2. Esthétique ........ Ouiiiiii
    Bancal & chiant aussi.
    Reste l'intro, licencieuse la dite intro ( comme j'aime dirait la pub ) :-)

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    1. Je savais que tu apprécierais ce film autant que moi :)

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  3. Je m'étais laissé dire que c'était un film chic et toc, mais je lui laisserai peut-être sa chance si j'en ai l'occasion finalement. Euh, Psst, Ronnie, l'intro licencieuse, c'est avec Amy Adams ? Simple curiosité hein. :) :D
    Strum

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    1. Oh Strum, ne prends aucun renseignement et essaye de voir le film. Puis tu reviens nous parler de l'intro et on en rigolera ensemble parce que... comment dire... enfin... tu es trop drôle :D

      Le film est Chic (enfin pas toujours, car parfois crade aussi) et Choc (et jamais Toc). Il traite d'ailleurs beaucoup de l'importance des apparences et des mauvais choix qu'ils peuvent engendrer.

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    2. Ah, j'aimerais bien revenir rigoler avec toi (tu titilles ma curiosité :) ) mais il va falloir que je trouve le temps de le voir, ce qui ne va pas être évident en ce moment !
      Strum

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    3. Ce ne sera que partie remise alors. Mais garde bien en tête ton allusion à une introduction licencieuse avec Amy Adams, ce sera d'autant plus... saisissant. Ah j'imagine déjà ta surprise, ça me fait rire à l'avance :D

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  4. J'ai ADORE ce film, beau esthétiquement mais pas que. L'histoire est vraiment bien racontée et pensée dans les moindres détails, les niveaux de lecture sont assez puissants alors que le film a le mérite de donner une impression d'accessibilité. Groggy, c'est vraiment le terme !! Ce film est cruel sur de nombreux points ! Et les acteurs sont également impeccables.

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    1. Il est cruel car il nous dit que nos mauvaises choix auront toujours un impact, tôt ou tard, et que le pardon ou la rédemption ne sont pas de ce monde. Pessimiste, cruel et sombre à la fois. On en ressort groggy, oui.

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  5. Ah que ce film ni trop chic (mais un peu quand même ) ni toc (du tout) m'a fait du bien. Même si, pareil, j'étais transie d'effroi par ce final. Quelle intelligence d'avoir osé. Je ne m'y attendais pas du tout.

    Contente de voir que l'intro t'ait laissé sceptique aussi. Pour moi: racoleuse et sans intérêt ici. Mais pas choquant (j'ai déjà vu de la viande). Je me suis juste demandé pourquoi et ne veux même pas avoir la réponse. J'ai d'abord pensé que ça aurait un intérêt pour le reste de l'histoire. Ce n'est qu'après avoir constaté que c'était juste pour se faire plaisir que j'ai trouvé ça racoleur et totalement bidon. .. Et fessu... Et ventru...

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    1. C'est vrai qu'on ne s'attend pas du tout à ce final, et on le prend d'autant plus en pleine face quand on se rend compte à quel point cette dernière scène est cruelle et vengeresse (et en même temps traité très sobrement, quel talent), à quel point le gars a dû souffrir en ruminant tout ça pendant des années. Quelle souffrance !

      L'intro ne m'a pas choquée non plus (je suis plus choquée par la maigreur des mannequins défilant sur un podium) mais elle est effectivement assez racoleuse et pas très intéressante. Maintenant on peut sans doute y retrouver plein de choses (le vide/le plein, la société de consommation et de surabondance, l'obscénité de la femme objet sur les tables et dépersonnalisation de ces femmes réduites à leur apparence, l'art contemporain dans ce qu'il a de plus débile, surfait et racoleur) mais je n'ai pas creusé plus que cela sur le moment.

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  6. Oui il a souffert mais putain quel enfoiré... la rancune n'est pas un "sentiment" que je respecte.

    Ah oui tu n'as pas creusé ? Ben qu'est-ce que ça doit être quand tu creuses ?

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    1. Ah mais je t'assure que je n'ai pas creusé, j'ai juste écrit mes associations d'idées sur le moment, sans plus.

      Si j'avais voulu creuser, j'aurais chercher des interviews du réalisateur, lu des articles dans les magazines, lu d'autres critiques etc mais cela ne m'intéresse pas plus que cela. Donc, je n'ai pas creusé :)

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