lundi 12 septembre 2016

Le peintre Francisco de Goya

Autoportrait de Goya, 1783
Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De fœtus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues
Pour tenter les Démons ajustant bien leurs bas.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

Francisco de Goya (Fuendetodos, 1746 – Bordeaux, 1828) est un peintre et graveur espagnol. A 13 ans, Goya entre en apprentissage chez le peintre José Luzan (1710–1785), qui avait étudié le style baroque tardif en Italie. Malgré les rebuffades de l’Académie de Madrid, le jeune Goya entreprend à ses frais un voyage d’étude en Italie, avant de revenir à Saragosse, où il peint des fresques dans les églises pour gagner sa vie. Son œuvre prend un tournant lorsqu’il se rend à Madrid en 1774, à la demande de Mengs (1728–1779), et ce afin de travailler dans la manufacture royale de tapisseries. Dès sa nomination en tant que membre de l’Académie San Fernando, Goya a comme ambition de trouver de nouveaux commanditaires dans l’aristocratie de Madrid. Il est nommé peintre de la Chambre du roi après le couronnement de Charles IV et réalise les portraits officiels des nouveaux souverains, les représentant de manière très réaliste (et peu flatteuse). Il tombe gravement malade en 1792 et demeure affligé d’une surdité quasi complète, accompagnée de maux de tête, de bourdonnements et de pertes d’équilibre. Il tombe également passionnément amoureux de l’inconstante duchesse d’Albe, ce qui bouleversera sa vie. Il s’en suit un changement du ton dans ses peintures, empreint d’une tragique intensité, tout en étant de moins en moins enclin à plier son art aux conventions de l’époque. Ses peintures critiquent les injustices sociales et les faiblesses humaines, tout en révélant ses visions cauchemardesques, où se mêlent obsessions, hallucinations, scènes de sorcellerie et de folies collectives, démontrant une totale liberté d’expression. Les troubles politiques qui suivent la destitution du roi Charles IV et l’arrivée des troupes de Napoléon à Madrid partagent Goya entre son patriotisme espagnol et son attirance pour les idées libérales venues de France. Il peint une série d’estampes démontant toutes les horreurs de la guerre comme jamais aucun autre artiste ne l’avait fait avant lui. Sous le règne despotique de Ferdinand VII, il s’exile en France et s’établit à Bordeaux, où il fréquente particulièrement des Espagnols libéraux comme lui. Il conserve une puissance créatrice et une curiosité d’esprit jusqu’à la mort. En 1919, la dépouille de Goya est transférée depuis Bordeaux, où il fut initialement enterré, vers l'église San Antonio de la Florida, à Madrid. 

Francisco de Goya aura parcouru à lui seul toutes les étapes de la peinture depuis le 18e siècle, élégant et mondain, jusqu’à l’impressionnisme. Il est de ce fait considéré comme le précurseur des avant-gardes picturales du 20e siècle. 

Hannibal vainqueur contemple pour la première fois l'Italie depuis les Alpes, 1770
Fondation Selgas-Fagalde, Cudillero, Asturies

L'ombrelle par Francisco de Goya, 1777
Museo Nacional del Prado, Madrid

Autoportrait dans l'atelier par Francisco de Goya, 1790-1795
Académie royale des beaux-arts de San Fernando, Madrid

Portrait de la marquise de la Solana, 1795
Musée du Louvre, Paris

La Maja nue et la Maja vêtue par Francisco de Goya, vers 1798-1805
Museo Nacional del Prado, Madrid

Portrait de la famille de Charles IV par Francisco de Goya, 1800-1801
Museo Nacional del Prado, Madrid

Le portrait de Sabasa Garcia par Francisco de Goya, 1804-1808
National Gallery of Art, Washington

Le portrait d'Isabel de Lobo y Porcel (détail) , 1804-1805
National Gallery, Londres

Scène d'Inquisition par Francisco Goya, 1812-1819
Académie royale des beaux-arts de San Fernando, Madrid

Tres de Mayo par Francisco Goya, 1814
Museo Nacional del Prado, Madrid

Vision fantastique par Francisco Goya, vers 1819
Museo Nacional del Prado, Madrid
 
Saturne par Francisco Goya, 1820-1823
Museo Nacional del Prado, Madrid

Le grand bouc ou La Sabbat des sorcières par Francisco de Goya, 1830-1823
Museo Nacional del Prado, Madrid

6 commentaires:

  1. c'est ce génial GOYA qui disait que:" Dans la nature, la couleur n'existe pas plus que la ligne; donnez-moi un morceau de charbon et je vous ferai un tableau car toute la peinture est dans les sacrifices et les partis pris" bravo pour ton rappel de ce peintre dont les tableaux n'étaient jamais anodins.

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    1. Merci alex-6 ! Et si jamais tu es tenté d'en savoir plus sur Goya, je te conseille le film Goya l'hérétique (Goya, oder Der arge Weg der Erkenntnis, 1971) de l'allemand Konrad Wolf. On y retrouve l'acteur Donatas Banionis dans le rôle de Goya, plus connu pour son rôle dans Solaris d'Andreï Tarkovski. J'ai trouvé ce film très intéressant, dont la reconstitution du tribunal de l'Inquisition, très fidèle aux toiles de Goya.

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  2. Voilà une note à point nommée, j'imagine alimentée par ta vision in situ des tableaux de Goya, que j'aime beaucoup.
    Strum

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    1. Le départ est pour demain matin :)
      Francisco Goya est bien représenté dans les musées de Madrid, je ferai sans nul doute de belles découvertes, qui me permettront peut-être de compléter ce présent billet le concernant.

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  3. Il a pas l'air en forme Saturne !

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    1. Saturne qui dévore son fils avec un regard totalement halluciné !

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