dimanche 21 août 2016

Poetry de Lee Chang-dong

Shi de Lee Chang-dong
Corée du Sud, 2010
Disponible en DVD et VOD

Mija est une jolie grand-mère un peu excentrique et soucieuse de son apparence, subissant depuis peu des troubles de la mémoire : des mots viennent parfois à lui manquer au cours des conversations les plus anodines, étant incapable de les retrouver sur le moment. Si la cohabitation avec son petit-fils adolescent n’est pas toujours des plus évidentes et les difficultés financières malheureusement pas absentes, la recherche de la beauté dans son environnement afin de trouver l’inspiration nécessaire pour écrire un poème demeure une de ses préoccupations principales depuis qu’elle a pris la décision de suivre des cours de poésie à la maison de la culture de son quartier. Mais un événement inattendu va bousculer la vie de cette femme, un fait divers sordide dans lequel est impliqué son petit-fils avec d’autres collégiens, aboutissant au suicide d'une jeune fille qui s'est jetée sous un pont... 

Un peu de douceur et de poésie dans ce monde de brutes ? Euh oui, mais pas que. Car il est aussi question de s’interroger sur une société encore très patriarcale, dominée par les apparences, l’argent, le pouvoir, la société de classe et la réussite professionnelle,  au détriment de la justice et des plus faibles, les femmes mais aussi les plus démunis financièrement.

Un film intelligent, sensible et cruel à la fois, qui oscille constamment entre la beauté de la nature et les petites choses de la vie d'une part, et les drames qui révèlent l’indifférence et la lâcheté des hommes d'autre part, tout en abordant la perte des valeurs et des repères, la déchéance et la vieillesse. Ne pas se fier aux apparences aussi. Un film assez exigeant pour le spectateur et finalement empreint d'une certaine violence psychologique et sociale,  mais à ne pas manquer tant il nous poursuit encore longtemps après sa vision. 

A noter l’interprétation surprenante de justesse de l’actrice principale Yoon Jung-hee. Après renseignement, cette actrice a commencé sa carrière en 1966 et a joué dans plus de 330 films, recevant en tout vingt-quatre prix d’interprétation féminine. Rien d’étonnant à cela tant son jeu force l’admiration par sa grâce et sa délicatesse.

Le film a reçu le prix du scénario au Festival de Cannes 2010.

Les avis de Pascale et de Martin.



9 commentaires:

  1. Je ne me rappelle pas vraiment le scénario, mais je garde un bon souvenir de ce petit film coréen. Bien fichu, sans fioriture et avec de belles émotions.

    Merci pour le lien ! :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Avec plaisir Martin. A l'inverse de toi, je pense que ce film va rester longtemps dans ma mémoire. Mais seul le temps me le confirmera ;)

      Supprimer
  2. Ce film est magnifique, émouvant, bien écrit et réalisé, l'interprétation est impeccable, ça reste ma Palme d'or du coeur :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est définitivement la meilleure palme d'or qui soit, celle du coeur :)
      D'accord avec toi, ce film est une petite pépite.

      Supprimer
  3. Bel éloge mais dans mon souvenir, c'est plutôt la poétique du vide. Très long et très ennuyeux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai beaucoup aimé ce film mais il n'est pas vraiment des plus accessibles, effectivement. D'où ma remarque qu'il est assez exigeant pour le spectateur. Et si on reste "extérieur", et bien on risque tout simplement de trouver le temps bien long. Vide par contre, j'ai vraiment du mal à comprendre, mais à chacun sa perception d'un film comme on dit ;)

      Supprimer
  4. Bonjour Sentinelle,

    Décidément, tu es dans une période cinéma sud-coréen. :) Voilà un film que j'aimerais bien voir et qui me tente plus que les excès d'un Park ou d'un Kim.

    Strum

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Strum,

      Tout d'abord, bon retour des vacances et bon courage pour la reprise :)

      Je pense aussi que ce film te conviendra bien plus que les autres cités, ceci dit, il est assez violent dans son genre également, mais il s'agit d'une violence plus feutrée, plus psychologique, plus dérangeante aussi finalement, car plus réaliste puisque elle en dit long sur la société. Ce film me marquera je pense. A ne pas manquer, ne fusse que pour l'interprétation de haut vol de l'actrice principale Yoon Jung-hee.

      Et oui, ce mois d'août fut une découverte du cinéma sud-coréen, à défaut de voir trois films plus récents qui ne passent toujours pas dans nos salles. Je dois encore voir Memories of murder de Joon-ho Bong, enfin disponible sur UniversCiné, et conseillé par Strum himself ;-)

      Supprimer
  5. Merci Sentinelle. Super pour Memories of Murder de Bong Joon-ho, un des grands polars du début des années 2000, qui a influencé aussi bien Na Hong-jin que Zodiac de Fincher. Cela devrait te plaire plus que The Host. :)
    Strum

    RépondreSupprimer