mardi 24 février 2015

Une Merveilleuse Histoire du Temps de James Marsh


Brillant étudiant en Cosmologie à l’Université de Cambridge, Stephen Hawking rencontre sur le campus une jeune étudiante en art. S’il incarne la science par excellence, le fait que Jane Wilde soit profondément croyante ne constituera pas pour autant une barrière à la formation du couple. A peine âgé d’une vingtaine d’années et encore aux études, il se heurte à un diagnostic sans appel des médecins : Stephen souffre de la sclérose latérale amyotrophique, plus communément appelée maladie de Charcot, une maladie dégénérative qui s’attaque progressivement aux membres, à la motricité et l’élocution. Si la médecine ne lui donne qu’une espérance de vie de deux ans à peine (rappelons tout de même que Stephen Hawking a aujourd’hui 73 ans), Jane Wilde n’entend pas délaisser pour autant son fiancé et décide de l’épouser pour l’épauler au maximum dans cette lutte contre le temps et la maladie.

Le scénario du film est l’adaptation de l’autobiographie de Jane Wilde, l’ex-épouse de Stephen Hawking. S’il aborde quelques questions métaphysiques touchant à l’univers, le sujet est avant tout l’histoire d’amour entre les deux époux, avec tout ce que cela implique de courage, d’abnégation et le sens du sacrifice. Il évoque également la famille (puisqu’ils auront trois enfants) et l’évolution de la maladie, suivie de près par l’évolution des sentiments du couple, où la maladie finit par peser lourdement sur les épaules de l’épouse, qui finit par tomber sous le charme d’un homme d’église. Et on se rend compte finalement que Stephen Hawking était un homme aussi étonnant sur le plan professionnel (il développera ses théories depuis un fauteuil roulant en s’exprimant via une voie synthétique) que sur le plan privé, puisqu’il quittera finalement son épouse pour convoler avec son infirmière !

Un film qui avait tout d’un biopic académique mais qui se révèle moins formaliste qu’on ne le pensait, tant les personnages ne sont pas vraiment épargnés. Un film qui m’a laissée sur un sentiment de tristesse et de malaise. Bien évidemment, la dégénérescence du corps n’est déjà pas en soi un sujet facile mais c’est surtout l’évolution du couple qui m’a attristée, tant j’ai eu l’impression qu’ils étaient passés à côté du bonheur, pourtant à portée de main à un moment donné. Evidemment, un couple à trois, deux hommes dont un homme d’église, un handicapé et une femme, ça passe mal dans notre culture. Et pourtant, je pense vraiment qu’ils auraient pu former une famille heureuse pour peu qu’ils arrivaient à dépasser les conventions sociales. Car il n’y a finalement pas de règles toutes faites pour être heureux.

On retient bien sûr la performance de l’acteur Eddie Reydmane (qui a reçu de nombreux prix, dont l’Oscar pour le meilleur acteur), mais qui ne fait pas pour autant oublier l’excellente prestation de l’actrice Felicity Jones.

L'avis du cinéphile m'était conté.


Titre original: The Theory of Everything
Réalisateur: James Marsh
Acteurs: Emily Watson, Felicity Jones, Eddie Redmayne
Origine: Royaume-Uni
Date de sortie en Belgique : 21/01/2015
Durée: 2h03


Note : 3 ½ sur 5

9 commentaires:

  1. OK pour la performance de Reydmane & Oscar mérité au final, pour le reste une existence hors du commun ne suffit pas toujours pour en faire un film hors du commun, trop long & trop classique de surcroi... Et puis Frank Leboeuf :-)
    Un homme d'exception m'avait d'avantage intéressé pour tout dire.

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    1. Je n'avais même pas reconnu Frank Leboeuf, j'ai pensé "tiens, il me dit vaguement quelque chose" lol
      J'ai préféré également Un homme d'exception, il faut dire que la partie paranoïaque de sa personnalité était assez fascinante et était bien menée.

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  2. Il fait parti de ces hommes mal foutu physiquement mais qui ont une intelligence d'exception et qui ont apportés énormément à la connaissance
    je pense à lui , à Toulouse Lautrec, Gramsci,....

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  3. Je n'ai pas toujours vu des critiques élogieuses, pour une fois je vois enfin une critique positive. J'espère que j'irai dans ton sens ! Je l'ai raté au ciné mais je compte me rattraper plus tard, rien que pour voir les performances de Redmayne et de Felicity Jones.

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    1. Pour tout te dire, je m'étais préparée au pire lol
      Et finalement, le film était mieux que je ne le pensais.

      L'interprétation des deux acteurs est excellente, mais j'avoue toujours rester sur mon premier choix pour l'oscar du meilleur acteur, à savoir Benedict Cumberbatch ;-)

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    2. Coucou,
      finalement j'ai réussi à trouver un petit ciné qui le diffusait exceptionnellement ! Finalement je rejoins ton avis, une bonne surprise. Je m'attendais à un truc très moyen mais il s'agit d'un bon biopic, émouvant sans être larmoyant, mieux réalisé que je l'imaginais (on voit le travail de mise en scène par rapport au temps et à la circularité) et en effet, n'épargne pas les personnages (alors que les biopics ont tendance à idéaliser les personnages). Comme je n'ai pas encore vu tous les films nommés aux Oscars, je n'ai pas encore de préféré mais honnêtement Redmayne est impeccable et n'a pas volé son Oscar et pour être franche, j'aurais bien aimé que Felicity Jones le remporte également...

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    3. Coucou Tina !

      Le film vaut mieux que les préjugés que nous en avions, c'est un fait :-)

      Felicity Jones est vraiment une excellente actrice et n'est pas éclipsée malgré l'interprétation extraordinaire de Redmayne.

      J'ai bien apprécié également que le film adopte le point de vue de l'épouse (on voit réellement quelle fut sa période la plus heureuse dans sa vie), tout en restant dans la nuance et sans être larmoyant malgré un sujet qui pouvait s'y prêter sans peine. Franchement, une bonne surprise au final, je ne regrette pas de l'avoir vu.

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  4. Oui, c'est ça qui m'a plu. Il s'agit pas exactement d'un simple biopic sur un génie prisonnier dans son corps mais plutôt comment un homme a pu devenir celui qu'il est et comment il a pu vivre alors qu'on lui prédisait le contraire grâce à sa femme, qui a sacrifié sa vie de femme pour lui.

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    1. Sa femme qui était devenue presque exclusivement son infirmière et son infirmière qui est devenue sa femme... quelle ironie aussi.

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