samedi 12 juillet 2008

Vampyr de Carl Théodor Dreyer



Un jeune homme, David Gray, arrive un soir à l'auberge de Courtempierre, village situé au bord d'une rivière. La nuit, un vieillard pénètre dans sa chambre pour implorer son aide. Il disparaît aussi mystérieusement qu'il est entré en laissant un paquet à n'ouvrir qu'après sa mort. Le paquet en question est un livre sur les vampires. Or, dans le château situé à proximité de l’auberge, vivent deux femmes dont l'une, gravement malade, porte d'étranges blessures au cou…




Adaptation libre de deux nouvelles de l'écrivain irlandais Sheridan Le Fanu : Carmilla et L'auberge du dragon volant, le film Vampyr est étonnamment poétique, onirique, étrange et singulier par le traitement des images (surexposées et par conséquence voilées, ce qui contribue à donner aux images son côté surnaturel), le jeu des ombres et des lumières et le choix des comédiens (la plupart ne sont pas des acteurs professionnels).



Le fait que ce film accorde très peu de place aux dialogues lui confère ce charme très particulier du cinéma muet tout en renforçant cette impression de vivre un rêve éveillé. Outre le combat classique entre les forces du bien et du mal, de nombreux symboles jalonnent le film, tels le faucheur, le passeur, la roue du moulin…



Le dédoublement est particulièrement présent également : les ombres des hommes font de temps en temps l’école buissonnière. Le temps est également dédoublé, nous sommes parfois totalement déboussolés en ne sachant plus très bien si nous sommes dans la réalité, le rêve du demi-sommeil ou le cauchemar éveillé. 



Ce très beau film, qui sera un échec public à sa sortie, mérite toute notre attention pour la particularité qui s’en dégage, les audaces scénaristiques et visuelles, pour son traitement original du thème vampirique et la beauté des images, tout simplement…

Vampyr ou l’étrange aventure de David Gray de Carl Théodor Dreyer, 1932, 1h23


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