mercredi 30 avril 2008

Jeune fille de Anne Wiazemsky

Extrait

C'était le printemps et pour la première fois depuis deux ans, depuis la mort de mon père, je l'attendais avec impatience. Dans ma cahier de textes, j'avais recopié ces lignes extraites d'un roman de mon grand-père, François Mauriac : "Le bonheur, c'est être cerné de mille désirs, d'entendre autour de soi craquer les branches." Si la première partie de cette définition m'était encore inconnue, je commençais à entrevoir la seconde : j'écoutais, j'entendais "autour de moi craquer les branches". C'était diffus, nouveau, troublant. Cela surgissait sans raison, n'importe où.


Mon avis

Anne Wiazemsky, petite-fille de François Mauriac, revient au printemps de l’année 1965.  Elle a dix-huit ans et une entrevue a été organisée par son amie Florence avec le cinéaste Robert Bresson, un des réalisateurs après-guerre les plus importants du cinéma français. Un premier rôle à la clé, celui de Marie pour le film « Au hasard Balthazar ».
 
Anne Wiazemsky aura attendu 40 ans avant de romancer cette période de sa vie, avec l’envie d’écrire sur Robert Bresson après sa mort en 1999. Explorant la fascination réciproque entre une jeune actrice et son réalisateur beaucoup plus âgé qu'elle et qui n’hésite pas à jouer au Pygmalion en recourant à une certaine emprise psychologique faite de séduction et de domination, évoquant les dessous d’un tournage dans les années 60, ce roman est avant tout le parcours initiatique d’une jeune fille qui s’ouvre au monde en faisant ses premières pas en dehors du cadre familial.
 
Ecriture fluide et agréable,  j’ai lu ce roman d’une seule traite avec beaucoup de plaisir.


Quatrième de couverture

À mesure que le bac se rapprochait de La Rochelle, j'oubliais maman et la semaine auprès d'elle : c'était déjà du passé, cela ne comptait plus. Une nouvelle existence m'attendait, dont j'ignorais tout, mais qui allait modifier profondément le cours de ma vie, je le savais, je le voulais. Autour de moi, des vacanciers insouciants parlaient plages, météo, sorties en mer. En les regardant, en écoutant leurs propos, j'avais maintenant l'impression d'appartenir à un autre monde. Dans mon sac, il y avait une carte de Robert Bresson datée du 10 juillet : "Je vous attends. Je suis sûr que tout ira merveilleusement bien. À jeudi.


Anne Wiazemsky et Jean-Luc Godard


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