mercredi 28 septembre 2016

Le Festival International du Film Francophone de Namur



Le 31ème Festival International du Film Francophone de Namur ouvrira ses portes du 30 septembre au 6 octobre 2016. Représentants de toute la diversité de la Francophonie, ses différents Jury remettent chaque année les différents Bayard. Vous trouverez la liste des quinze films en compétition en cliquant sur le lien.


Cette année, ce sera l'acteur & réalisateur Bouli Lanners qui sera président du jury long-métrage. Les autres membres du jury sont : Marguerite Abouet (Côte d’Ivoire, réalisatrice et auteure),  Jérôme Bonnell (France, réalisateur),  Sandrine Bonnaire (France, comédienne et réalisatrice),  Tudor Giurgiu (Roumanie, producteur, réalisateur et directeur du Festival de Cluj),  Niels Schneider (Québec, comédien) et  Eileen Hofer (Suisse, réalisatrice, journaliste et photographe). Vous trouverez plus de détails en suivant ce lien

Je n'ai jamais participé auparavant à ce festival mais je compte m'y rendre ce week-end. Je me concocte un programme léger, n'appréciant pas de voir trop de films sur une seule journée. Mon programme, qui peut encore changer, devrait être le suivant :

SAMEDI 1 SEPTEMBRE


Boris sans Béatrice de Denis Côté
Pays : Québec
Année : 2016
Interprètes : James Hyndman, Simone Elise-Gerard, Denis Lavant, Isolda Dychauk, Dounia Sichov


Synopsis

Quelque part dans le Québec d’aujourd’hui, Boris Malinovsky a atteint tous ses buts. Esprit fort et orgueilleux, il ne manque pas d’une certaine arrogance par rapport à ses réussites. Depuis un temps, sa femme Béatrice, Ministre au Gouvernement du Canada, est clouée au lit, victime d’une mystérieuse maladie. Pour apaiser son tourment, Boris entretient une relation avec une collègue, Helga, et se rapproche de la jeune domestique de la maison, Klara. L’apparition soudaine d’un inconnu obligera Boris à se confronter au monde, à ses acquis et à ses certitudes.

Pourquoi avoir choisi le dernier film du québécois Denis Côté ? Parce que ses films me surprennent, que ses personnages sont souvent hors normes, qu'un inconnu ou une angoisse diffuse va surgir à un moment ou un autre qui va tout changer pour les protagonistes. Ces sont des films troublants au charme étrange où les silences, l'incommunicabilité et les non-dits occupent une place centrale. 

Vous trouverez mes commentaires sur deux autres films du réalisateur en cliquant sur les liens correspondants :


A lire également la présentation du film et du réalisateur sur le site du festival : Boris sans Béatrice de Denis Côté.


Orpheline d'Arnaud Des Pallières
Pays : France
Année : 2016
Interprètes : Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Véga Cuzytek, Solène Rigot, Gemma Arterton, Sergi López

Synopsis

Quatre moments de la vie de quatre personnages féminins. Une petite fille de la campagne, prise dans une tragique partie de cache-cache. Une adolescente ballottée de fugue en fugue, d'homme en homme, puisque tout vaut mieux que le triste foyer familial. Une jeune fille qui monte à Paris et frôle la catastrophe. La femme accomplie enfin, qui se croyait à l'abri de son passé. Peu à peu, ces figures forment une seule et même héroïne.

Pourquoi avoir choisi le dernier film d'Arnaud Des Pallières ? Parce que je l'ai déjà rencontré lors d'un précédent festival, et que j'avais apprécié ses commentaires. La brochette d'acteurs du film est aussi très intéressante. 

Vous trouverez mon commentaires sur le film précédent du réalisateur en cliquant sur le lien correspondant :

* Michael Kohlhaas

A lire également la présentation du film et du réalisateur sur le site du festival : Orpheline d'Arnaud Des Pallières.



DIMANCHE 2 SEPTEMBRE

Rencontre avec Sergi López

Pour cette 31ème édition, le FIFF offre son Coup de cœur au comédien espagnol Sergi López. Il nous fait l’honneur de venir à Namur, notamment à l’occasion d’une rencontre publique durant laquelle il abordera son parcours cinématographique et sa passion pour le 7ème Art.

Présentation de son parcours professionnel sur le site de festival : le coup de coeur du festival, Sergi López.

Pourquoi j'ai choisi d'aller à la rencontre de Sergi López ? Euh je crois que tout le monde comprendra, pas besoin d'explication il me semble ;-) Et il est d'origine espagnole en plus, comme ma môman, alors...

Manoir de Pier-Luc Latulippe, Martin Fournier

Pays : Québec
Année : 2015
Genre : Documentaire


Synopsis

Depuis les années 1990, le vieux Manoir Gaulin accueille d’anciens résidents de l’hôpital psychiatrique de Saint-Hyacinthe. Ils sont une trentaine à habiter ce lieu d’hébergement alternatif, devenu leur planche de salut après la vague de désinstitutionnalisation qui les a un jour jetés à la rue sans ressources. Rentabilité oblige, ce motel de bout du monde sera bientôt détruit pour faire le bonheur des promoteurs. Le film est le récit de cette page qui se tourne alors que chacun s’affaire à réorganiser son quotidien. À l’écoute de ces laissés-pour-compte oubliés de tous, Manoir prend soin des invisibles en les rendant à notre regard et à la vie.  

Pourquoi j'ai choisi ce reportage sur un lieu d’hébergement alternatif de l'hôpital psychiatrique ? Parce que j'ai effectué un stage de 6 mois dans un endroit équivalent pendant mes études, que j'ai côtoyé des personnes venant de l’hôpital psychiatrique pour mon mémoire de fin d'étude, parce que je suis allée visiter des amis ou un membre de ma famille dans un hôpital psychiatrique, parce qu'un jour ou l'autre, nous pouvons tous y séjourner car personne n'est à l'abri. Un sujet qui me tient à coeur.

A lire également la présentation du documentaire et des réalisateurs sur le site du festival : Manoir de Pier-Luc Latulippe, Martin Fournier


Le Pacte des anges de Richard Angers

Pays : Québec
Année : 2016
Interprètes : Marc Messier, Lenni-Kim Lalande, Émile Schneider

Synopsis 

Adrien, un solitaire d'âge mûr, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment et se fait enlever par Cédric et William, deux frères de quatorze et dix-huit ans qui se sont sérieusement mis dans le pétrin. Commence alors pour ce trio singulier un voyage tumultueux, où chacun sera amené à révéler sa vraie nature. Désormais liés par le destin, ces trois êtres fragiles devront dépasser leurs préjugés et s'allier pour s'en sortir. 

Pourquoi j'ai choisi ce film ? Pour la découverte d'un réalisateur québécois que je  ne connais pas. Puis parce que son horaire de passage me convient bien aussi ;-)

A lire également la présentation du documentaire et des réalisateurs sur le site du festival : Le Pacte des anges de Richard Angers


Et si vous voulez tout savoir sur ce festival, c'est ici que ça se passe !


mardi 27 septembre 2016

Frantz de François Ozon

Frantz de François Ozon 
Avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Cyrielle Claire
France, Allemagne - 2016 

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. 

Le réalisateur aborde la complexité des relations franco-allemande au lendemain de la Première Guerre mondiale par le biais d'un drame romantique mis en scène avec élégance et sobriété. Un drame dans lequel l’émotion est avant tout contenue et vainement maitrisée, tant elle rejaillit au détour d’un regard parfois vacillant, d’autres fois plus intense, ou encore d’un frémissement révélateur qui se moque des convenances. Une jeunesse sacrifiée par leurs pères, la peur de l'autre, l’ambiguïté du mensonge, les jeux de miroirs et de masques, la mort, le deuil, la culpabilité et le pardon sont quelques-unes des thématiques de ce long métrage, filmé la plupart du temps en noir et blanc avec quelques passages à la couleur, comme un visage exsangue et asphyxié retrouverait ses couleurs lors de l’accélération des battements de cœur. J’ai été prise parfois d’une certaine confusion, tant j’ai eu le sentiment étrange qu’Anna était plus la fille des parents de Frantz que leur future belle-fille, comme s’il y avait aussi quelque chose de très fraternel dans sa relation avec son défunt fiancé (ce que nous retrouvons d’ailleurs en miroir dans la propre histoire d’Adrien, qu’on découvre avec l’héroïne dans la deuxième partie, mais je n’en dirai pas plus pour vous ménager le suspens). Quoi qu’il en soit, Frantz de François Ozon est un très joli film et une agréable surprise en ce qui me concerne, dans la mesure où les films du réalisateur n’arrivent pas toujours à me convaincre aussi aisément que celui-ci. Il faut dire que François Ozon fait la part belle à la culture, comme la poésie, la musique ou la peinture, ce qui ne pouvait que me séduire. 


Je ne vous apprends rien à vous disant que Paula Beer est la révélation de ce film, une jeune actrice allemande d’une grande expressivité et d’une maturité étonnante pour son âge. Elle m’avait déjà bluffée lorsque je l’ai découverte l’année passée, dans son premier film Poll de Chris Kraus (2010), alors qu’elle n’avait que 14 ans au moment du tournage. A tel point que je m’étais empressée de chercher des informations à son sujet. Coïncidence, je l’ai revue ensuite dans The Dark Valley (Das Finstere Tal) d'Andreas Prochaska (2014). Deux films que je vous conseille et une actrice à suivre, sans aucun doute, tant je suis persuadée qu’elle sera une grande actrice qui comptera dans le monde du Cinéma. Car sous son apparence sage se cache assurément un tempérament passionné qui transparaît dans son regard, ô combien intense et lumineux.  Elle a obtenu le Prix Marcello Mastroianni du Meilleur Espoir au 73e Festival de Venise pour son rôle dans Frantz. 

 

Les avis de Pascale, Martin, Strum et Princecranoir.

dimanche 25 septembre 2016

Le Palais des rêves d’Ismail Kadaré

Début du roman, chapitre I : Le matin

C’était une matinée humide. Il tombait une petite pluie mêlée de neige. Les immeubles massifs qui considéraient de haut l’animation de la rue avec leurs lourds portails et leurs vantaux encore clos, semblaient ajouter à la grisaille de ce début de journée.

Mark-Alem endossa son manteau, attachant jusqu’au dernier bouton qui le serrait au cou ; il porta son regard vers les réverbères en fer forgé autour desquels voltigeaient, clairsemés, les fins flocons, et sentit un frisson lui parcourir l’échine.

L’avenue, comme d’ordinaire à cette heure, était remplie d’employés des ministères qui pressaient le pas pour arriver à temps à leurs bureaux. En chemin, il se demanda à deux ou trois reprises s’il n’eût pas mieux fait de prendre un fiacre. Le trajet jusqu’au Tabir Sarrail lui paraissait plus long qu’il ne l’avait imaginé et, de surcroît, le pavage du trottoir, couvert d’une mince couche de neige à demi fondue, était glissant. 

Mon avis

Et si le pouvoir central pouvait surveiller et interpréter les rêves de tous les citoyens ? Charger une administration de les collecter, les trier et les interpréter afin d’isoler ceux qui pourraient changer le destin d’un homme, d’une famille illustre ou d’un empire ? Des interprétations ne pouvant qu'être subjectives, et donc manipulables et utilisables arbitrairement par un État totalitaire paranoïaque. Une administration logée dans un palais labyrinthique, dans lequel on se perd facilement et qui n’est pas sans rappeler le Château de Kafka. La représentation d’un système totalitaire, qui ne prend pas la forme d’un récit de science-fiction comme l’ont fait avant lui George Orwell, Philip K. Dick ou Aldous Huxley (pour ne citer que les auteurs emblématiques du genre), mais plus volontiers celle d’une fable légèrement teintée d'orientalisme. Un récit allégorique situé dans un pays imaginaire turco-albanais, métaphore par excellence de l’Albanie socialiste d'Enver Hoxha. Le pouvoir en place ne s’y trompe d’ailleurs pas, dans la mesure où Le palais des rêves sera le premier roman publié d’Ismail Kadaré déclaré hostile au régime. Il dira au sujet de l’écriture de ce récit « Plus j’y réfléchissais, plus il se dessinait nettement à mes yeux : c’était une sorte de royaume de la mort, peuplé non pas des êtres eux-mêmes, mais de leur sommeil et de leurs songes (…) les ténèbres, la triste dilution de toutes choses, la pétrification du temps, sa marche à rebours, son sur-place ». 

Un excellent récit qui témoigne des talents de conteur de l’écrivain. Je vous le conseille, bien évidemment.


Quatrième de couverture

Rejeton d’une illustre famille de grands serviteurs de l’Etat, Mark-Alem est embauché dans la plus secrète, la plus puissante, la plus terrifiante institution qui se puisse imaginer : une administration chargée de collecter, jusque dans les provinces les plus reculées, les songes de tout un chacun, de les rassembler dans un lieu unique, puis de les trier, de les classer, de les interpréter, afin d’isoler ces « maîtres-rêves » dans lesquels le destin de l’Empire et de son tyran pourra être déchiffré. Cercle après cercle, Mark-Alem est promu dans les instances concentriques de ce haut lieu de pouvoir, jusqu’à en devenir le maître tout-puissant. Mais un maître hanté par la crainte d’être à son tour broyé par la bureaucratie infernale qu’il dirige : ne finira-t-il pas par lire un jour, dans le rébus de quelque rêve anonyme, la disgrâce et la condamnation de sa propre famille ?

Le Palais des rêves d’Ismail Kadaré, traduit de l’albanais par Jusuf Vrioni, Le Livre de Poche, 01/09/1993, 224 pages


Quelques mots sur l'auteur

Ismail Kadaré  nait en 1936 dans le Sud de l’Albanie. Il parachève à Moscou, à l’institut Gorki, des études commencées à la faculté de lettres de Tirana. En 1960, il se lance dans le journalisme et publie de la poésie. En 1963, la parution de son premier roman Le Général de l'armée morte lui apporte la renommée, d'abord en Albanie, ensuite à l'étranger, grâce à la traduction française de Jusuf Vrioni. Devenu écrivain à plein temps, Ismail Kadaré dirige parallèlement la revue littéraire Les lettres albanaises. En 1990, il obtient l'asile politique en France et partage sa vie entre Paris et Tirana. En 1996, il a été élu membre associé étranger de l’académie des Sciences morales et politiques. Il reçoit le prix international Man Booker en 2005 et le prix Prince des Asturies de littérature en 2009. Il est traduit dans une quarantaine de pays.


Quelques romans parus au format Poche :

samedi 24 septembre 2016

Voir du pays de Delphine et Muriel Coulin

Voir du pays de Delphine et Muriel Coulin
Avec Soko, Ariane Labed, Karim Leklou, Ginger Romàn
Date de sortie en Belgique : 07/09/2016


Deux jeunes militaires, Aurore et Marine, reviennent d’Afghanistan. Avec leur section, elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, au milieu des touristes en vacances, pour ce que l’armée appelle un sas de décompression, où on va les aider à « oublier la guerre ». Mais on ne se libère pas de la violence si facilement…

Ce film pose essentiellement trois questions : quelle est la place de la femme dans un milieu aussi masculin que celui de l’armée, quel retour « à la normale » est envisageable après avoir affronté la guerre et la mort de ses compagnons d’armes, quelle est la place du libre arbitre dans un système aussi hiérarchisé, qui repose avant tout sur la soumission et l’obéissance aux ordres ? On ne peut pas reprocher aux réalisatrices Delphine et Muriel Coulin de manquer d’ambition, tant les sujets abordés sont intéressants. Et si la tension n’arrête pas de monter crescendo tout au long du film (et c'est sans nul doute son meilleur atout), je n’ai pas pu m’empêcher d’être gênée par le fait qu’il n’évite malheureusement pas certains clichés ou certains raccourcis. Je ne doute pas qu’il faille dénoncer certains faits, mais le faire de manière si appuyée, comme dans la dernière partie du film, finit par déforcer le propos plus qu’autre chose. Un film qui reste malgré tout intéressant, même s’il ne m’a pas totalement convaincue. 





lundi 12 septembre 2016

Le peintre Francisco de Goya

Autoportrait de Goya, 1783
Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De fœtus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues
Pour tenter les Démons ajustant bien leurs bas.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

Francisco de Goya (Fuendetodos, 1746 – Bordeaux, 1828) est un peintre et graveur espagnol. A 13 ans, Goya entre en apprentissage chez le peintre José Luzan (1710–1785), qui avait étudié le style baroque tardif en Italie. Malgré les rebuffades de l’Académie de Madrid, le jeune Goya entreprend à ses frais un voyage d’étude en Italie, avant de revenir à Saragosse, où il peint des fresques dans les églises pour gagner sa vie. Son œuvre prend un tournant lorsqu’il se rend à Madrid en 1774, à la demande de Mengs (1728–1779), et ce afin de travailler dans la manufacture royale de tapisseries. Dès sa nomination en tant que membre de l’Académie San Fernando, Goya a comme ambition de trouver de nouveaux commanditaires dans l’aristocratie de Madrid. Il est nommé peintre de la Chambre du roi après le couronnement de Charles IV et réalise les portraits officiels des nouveaux souverains, les représentant de manière très réaliste (et peu flatteuse). Il tombe gravement malade en 1792 et demeure affligé d’une surdité quasi complète, accompagnée de maux de tête, de bourdonnements et de pertes d’équilibre. Il tombe également passionnément amoureux de l’inconstante duchesse d’Albe, ce qui bouleversera sa vie. Il s’en suit un changement du ton dans ses peintures, empreint d’une tragique intensité, tout en étant de moins en moins enclin à plier son art aux conventions de l’époque. Ses peintures critiquent les injustices sociales et les faiblesses humaines, tout en révélant ses visions cauchemardesques, où se mêlent obsessions, hallucinations, scènes de sorcellerie et de folies collectives, démontrant une totale liberté d’expression. Les troubles politiques qui suivent la destitution du roi Charles IV et l’arrivée des troupes de Napoléon à Madrid partagent Goya entre son patriotisme espagnol et son attirance pour les idées libérales venues de France. Il peint une série d’estampes démontant toutes les horreurs de la guerre comme jamais aucun autre artiste ne l’avait fait avant lui. Sous le règne despotique de Ferdinand VII, il s’exile en France et s’établit à Bordeaux, où il fréquente particulièrement des Espagnols libéraux comme lui. Il conserve une puissance créatrice et une curiosité d’esprit jusqu’à la mort. En 1919, la dépouille de Goya est transférée depuis Bordeaux, où il fut initialement enterré, vers l'église San Antonio de la Florida, à Madrid. 

Francisco de Goya aura parcouru à lui seul toutes les étapes de la peinture depuis le 18e siècle, élégant et mondain, jusqu’à l’impressionnisme. Il est de ce fait considéré comme le précurseur des avant-gardes picturales du 20e siècle. 

Hannibal vainqueur contemple pour la première fois l'Italie depuis les Alpes, 1770
Fondation Selgas-Fagalde, Cudillero, Asturies

L'ombrelle par Francisco de Goya, 1777
Museo Nacional del Prado, Madrid

Autoportrait dans l'atelier par Francisco de Goya, 1790-1795
Académie royale des beaux-arts de San Fernando, Madrid

Portrait de la marquise de la Solana, 1795
Musée du Louvre, Paris

La Maja nue et la Maja vêtue par Francisco de Goya, vers 1798-1805
Museo Nacional del Prado, Madrid

Portrait de la famille de Charles IV par Francisco de Goya, 1800-1801
Museo Nacional del Prado, Madrid

Le portrait de Sabasa Garcia par Francisco de Goya, 1804-1808
National Gallery of Art, Washington

Le portrait d'Isabel de Lobo y Porcel (détail) , 1804-1805
National Gallery, Londres

Scène d'Inquisition par Francisco Goya, 1812-1819
Académie royale des beaux-arts de San Fernando, Madrid

Tres de Mayo par Francisco Goya, 1814
Museo Nacional del Prado, Madrid

Vision fantastique par Francisco Goya, vers 1819
Museo Nacional del Prado, Madrid
 
Saturne par Francisco Goya, 1820-1823
Museo Nacional del Prado, Madrid

Le grand bouc ou La Sabbat des sorcières par Francisco de Goya, 1830-1823
Museo Nacional del Prado, Madrid

dimanche 11 septembre 2016

De l'autre côté du mur de Christian Schwochow

West de Christian Schwochow 
Allemagne, 2013
Avec Jördis Triebel, Tristan Göbel, Alexander Scheer, Jacky Ido
Disponible en DVD et VOD

Nous sommes à la fin des années 70 à Berlin-Est. A l’aide de faux papier, Nelly et son fils passent à l’Ouest en espérant trouver une vie meilleure. Mais l’eldorado rêvé s’avère plus contraignant qu’autre chose lorsqu’elle se voit dans l’obligation de séjourner plus longuement que prévu dans le Centre d'accueil pour réfugiés et émigrants de la RDA. C’est que Nelly est soupçonnée d’être une espionne à la solde de l'Allemagne de l'Est, comme tenterait de le prouver la disparition plus que suspecte de son défunt conjoint (un éminent scientifique russe) il y a quelques années. S’ajoute à ce climat anxiogène des démarches administratives lourdes, des interrogatoires serrés qui se répètent et un parcours d’insertion compliqué. La paranoïa guette et Nelly ne sait plus à qui se fier… 

En se basant sur l’histoire familiale de Julia Franck, cette adaptation du roman "Lagerfeuer" (Feu de camp) ne pouvait qu’intéresser le réalisateur Christian Schwochow, qui a connu lui-même ce passage de l'Est à l’Ouest en compagnie de sa mère. Cela donne à l’ensemble un degré de véracité au récit, qui nous apprend beaucoup sur un pan encore assez méconnu de l’histoire du pays, dans la mesure où peu de personnes avaient connaissance des interrogatoires pratiqués par les services secrets d’Allemagne de l’Ouest et des Etats-Unis sur les réfugiés des camps. Si la mise en scène du réalisateur ne brille guère par son inventivité, le film vaut avant tout pour son sujet, rarement traité au cinéma, et la qualité de ses interprètes. L’actrice Jördis Triebel est une belle découverte et il n’est guère surprenant d’apprendre qu’elle ait reçu le Prix de la Meilleure actrice pour ce film, décerné par la Deutsche Filmakademie (ce sont les Deutsche Filmpreise, équivalents allemands des césar français). Plus surprenant peut-être est la sous-représentation au cinéma de l’acteur Jacky Ido, qui est non seulement un homme très séduisant (ce qui ne gâche rien) mais très prometteur, tant j’ai apprécié son expressivité et sa qualité de jeu, offrant à son personnage une consistance assez étonnante alors qu’il est peu présent à l’écran. Mais qu’attendent les réalisateurs pour lui octroyer plus de place dans leurs films ? L'Américain Quentin Tarantino l'a déjà remarqué en tout cas, puisqu'il l'a fait jouer dans Inglourious Basterds. Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment envie de le revoir, et j'espère que les réalisateurs français y penseront également, dans la mesure où la France est aussi son pays d'adoption !



L'avis de aifelle.



vendredi 9 septembre 2016

Cycle Folie et Obsession dans le Cinéma Muet à la Cinematek de Bruxelles

Présentation du cycle sur le site de la Cinematek
Le 19è siècle a connu, surtout dans sa deuxième moitié, une fascination grandissante pour la psyché humaine et en particulier pour toutes ses pathologies. Dans ce contexte naît plus tard la psychologie scientifique, mais la thématique foisonne très tôt dans la littérature, le théâtre et les autres formes artistiques de l'époque.
De nombreux films des débuts du cinéma explorent la fragilité de l'équilibre psychique humain et CINEMATEK vous propose d'en découvrir une sélection cet automne.

Florilège :

Dr. Jekyll and Mr. Hyde de John S. Robertson
Acteurs : John Barrymore, Brandon Hurst, Martha Mansfield
Année de production : 1920

Synopsis : Un brillant médecin expérimente sur sa propre personne une potion susceptible de délivrer les hommes de leur côté sombre. Une excellente adaptation du roman de Stevenson, avec John Barrymore dans le rôle de l’un des personnages doubles les plus mythiques de la littérature et du cinéma fantastiques.



Les Rapaces d'Erich von Stroheim
Acteurs : Gibson Gowland, Zasu Pitts, Dale Fuller, Jean Hersholt
Année de production : 1924-1925

Synopsis : De San Francisco à la Vallée de la Mort, les déchirements d'un trio dévoré par des passions maladives, entre frustrations libidineuses et cupidité morbide. Le chef-d'œuvre mutilé de Von Stroheim dont le naturalisme noir pulvérisa les lieux communs instaurés à Hollywood.

A lire sur mon blog :  Les Rapaces d'Erich von Stroheim



La Chute de la maison Usher de Jean Epstein
Acteurs : Marguerite Gance, Jean Debucourt, Charles Lamy
Année de production : 1928

Synopsis : Un vieil homme rend visite à un ami vivant seul avec sa femme dans une maison lugubre. Mélangeant deux nouvelles d'Edgar Poe, le film développe un climat onirique à l'atmosphère inquiétante et morbide. Un chef-d’œuvre du cinéma fantastique français, avec Buñuel comme assistant d’Epstein.



Une Page folle de Teinosuke Kinugasa
Acteurs : Masuo Inoue, Yoshie Nakagawa, Ayako Iijima
Année de production : 1926

Synopsis : Un homme accepte un poste de concierge dans un asile psychiatrique dans l’espoir de libérer son épouse. Une expérimentation abstraite autour du thème de l’amour fou, pour le premier film japonais d’avant-garde.



Les Mystères d'une âme de Georg Wilhelm Pabst
Acteurs : Werner Krauss, Ruth Weyher, Ilka Grüning
Année de production : 1926

Synopsis : Premier film illustrant les théories de Freud, auquel participèrent deux disciples du psychanalyste, Karl Abraham et Hanns Sachs, et qui est de tous celui qui les aura le mieux cernés par l’image (d’une grande beauté plastique), consacrant sa seconde partie à l’interprétation d’un rêve.







Vous trouverez le programme complet en cliquant sur le lien suivant : Cycle Folie et Obsession dans le Cinéma Muet à la Cinematek de Bruxelles 01.09 > 17.11